Chapitre 1  posté le mercredi 04 avril 2007 21:57

"Hey! Aaron laisse de la place il y a un nouveau pour toi"

 Je me lève de mon petit lit et me met face à l'homme qui m'adresse la parole afin de voir aussi le nouveau arrivant.

 "OUVERTURE DE LA 8!" Crie le maton.

Un fois la porte ouverte, le nouveau entre dans notre petite pièce de 3 mètres sur 3.

"Voila! Bienvenue dans ta nouvelle maison, j'espère qu'elle va te plaire. Tu y es pour 5 ans minimum. FERMETURE DE LA 8!"

L'homme brun aux yeux noirs rentre plus loin d'une façon non chalante dans la minuscule pièce. Il me jette un regard peu intéressé et se dirige directement vers la couchette du haut pour poser ses affaires.

"Je suppose que t'as la couchette du bas?!

-A ton avis!? Tu suppose bien toi! T'es le nouveau donc tu dors en haut

-Ca me dérange pas plus que ça! Tant que tu laisse purger ma peine tranquillement. Je ne veux pas te supporter pendant 5 ans! Tu te casse quand d'ailleurs?

- Hey calme-toi! T'ai pas demandé de compagnon de cellule et encore moins un qui est aussi casse couille que toi!"

Le brun ne me répond que par un violent coup de poing dans mon ventre. Je me plie de douleur et surtout de surprise face a cette audace. Je reprends mes esprits rapidement et lui rend son dût en lui collant mon poing dans sa figure.

"Ok! J'aime tu tiens tête et tu n'as pas peur." Réplique le brun en se tenant la joue.

"Tu t'es cru où là?! T'es pas a Disney ici! T'es en taule!! En plus j'ai pas été coffré pour avoir volé des ours en peluche dans un magasin pour enfants! Alors calme toi! C'est toi le bleu et en plus t' es jeune si tu veux pas te faire dévorer dès le premier jour joue pas au con avec moi!

-T'es pas beaucoup plus vieux que moi. T'as quoi 25 ans et moi 21 alors joue pas les grand avec moi, tu me connais pas! Tu n'sais pas pourquoi j'suis là!

-Ca c'est sure! Je te connais pas et je veux surtout pas te connaitre!! T' es là pourquoi?! T'as volé des bonbons dans un magasin a la sortie du collège?! D'ailleurs c'est quoi ton prénom?! Je compte pas t'appeler souvent mais c'est quand même pratique de savoir... Ca peut servir des fois...

-Moi c'est Benjamin ou Benji. Et ce que j'ai fait ça te regarde pas!

-Si tu l'dis! Dans ce cas enchanté Benji! Moi c'est Aaron." Je lui dis mais d'une façon totalement ironique.

 Sur ces paroles, je me dirige vers mon lit et me rallonge sur le dos les mains sous la nuque et je fixe un point imaginaire sur la couchette de Benjamin. Le "bleu" me regarde, je sens son regard pesant sur moi, je ne tiens pas longtemps avant de lui demander.

"Quoi? Qu'est ce que t'as a me fixer comme ça?

-Rien!" Me répond Benjamin en rougissant

Il se dirige vers son lit et monte pour s'allonger aussi.

"Aaron?

-Quoi?

-Pourquoi t'es là?

-J'croyais que tu voulais que je te laisse tranquille?!"

Il me regarde en laissant sa tête pencher de son lit.

"Je... Heu...

-Tu voulais juste faire ton chaud en arrivant pour voir si tu étais tombé avec un autre bleu, c'est ça?

-....

-Tu répond ou quoi?!

-Ou...Oui...

-Manque de chance pour toi! Ici je suis loin d'être un bleu. Tu verras la réputation que j'ai dès la première sortie que tu feras!"

Je le regarde un instant dans les yeux, il plonge son regard noir e intense dans mes yeux vert. Je sens un frisson me parcourir le long de mon dos. Je tourne immédiatement mon regard et fixe de nouveau mon point imaginaire. Et lui avoue finalement après quelques secondes de silence.

"Je suis là pour... pour avoir tué une femme, un accident, j'ai été condamné à  6 ans pour homicide involontaire. Un accident de voiture, j'étais sous l'emprise de drogue et d'alcool. Je sortais d'une soirée où j'avais abusé."

Je sens son regard se poser de nouveau sur moi, mais cette foi un regard accusateur, il me regarde comme un meurtrier! Oui j'en suis un mais je vie avec depuis bientôt 3 ans. je devrais  bientôt sortir pour bonne conduite, il me reste 18 mois, si je continue à me tenir a carreau.

 "Et toi? Pourquoi t'es là?

-Trafic de drogues et d'armes"

C'est à mon tour de le regarder gravement. Je me relève rapidement.

"C'est a cause de personnes comme toi que je suis ici!!

-Qu... Quoi?? Comment ça des gens comme moi? Si on existe c'est que y a des gens paumé comme TOI qui nous achètent de la drogue! Alors met pas te responsabilité sur les autres et assume tes conneries! C'est de ta faute si cette femme est morte et pas de la mienne!"

Il se lève a son tour pour me faire face. Je plonge mes yeux verts dans son regard noir en me rapprochant de lui, jusqu'à ce que mon visage soit qu'à quelques centimètres du sien.

"Tu crois vraiment que ce sont les acheteurs qui existaient avant les trafiquants de cam?

-Je m'en fou ça permet de bien gagner sa vie...

-Quand on se fait pas coffrer!"

Il rapproche encore plus son visage, ses lèvres ne sont plus qu'à quelques millimètres des miennes, je sens son souffle doux et chaud se perdre sur ma peau.

"Ca permet de laisser leur chance au petit  nouveau dans la profession et d'avoir des vacances"

Je le pousse violement, il tombe sur mon lit. Je l'attrape par le col pour le forcer à se lever.

"Dégage de mon lit le bleu! Tu veux passer des vacances? Je vais t'en faire passer des inoubliables tellement tu vas souffrir pendant ces 18 prochains mois bloqué avec moi 24 heures sur 24!"

Je me rallonge sur mon lit et m'endors rapidement alors que Benjamin reste debout. Il me regarde un moment dormir à point fermé, avant de se laisser tomber contre le mur pour s'assoir à terre. Il continue de m'observer, c'est alors que je me tourne dos à lui. Il décide donc de se coucher sur son lit afin de s'endormir aussi rapidement, fatigué par les émotions de sa nouvelle vie en prison.

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Chapitre 2  posté le mercredi 18 avril 2007 00:35

Cela fait une semaine que Benjamin est arrivé, les rapports entre nous restent inchangés, voir empirés, on ne s'adresse plus la parole a part en cas d'extrême nécessité, mais ceci reste rare, on n'a pas besoin l'un de l'autre, en prison c'est chacun pour soit. Je passe mes journées allongé sur mon lit en fixant un point lointain et imaginaire, plongé dans mes pensées, je me repense encore à cette nuit où j'ai tué cette femme. Des questions se bousculent dans ma tête : pourquoi je me suis drogué ? Pourquoi j'ai bu ? Pourquoi traversait-elle lorsque le feu était vert ? Que faisait-elle toute seule à 4heures du matin dans les rues mal famées de cette ville ? Tant de questions qui resteront sans réponse. Je n'aurai pas pris de drogue, ni d'alcool mes réflexes auraient été parfait et j'aurai pu l'éviter. Je m'en veux tellement et j'en veux a tous les dilleurs  de cam, c'est peut être pour cela que je ne supporte pas Benjamin, mais si d'un autre coté, je veux le connaitre, ses traits fins et son coté brun ténébreux m'attirent, il est beau. D'ailleurs lui passe ses journées à me regarder quand il pense que je ne le vois pas, il doit se sentir seul, mais moi je suis solitaire, j'ai besoin de personne et encore moins tomber amoureux d'un mec !

C'est l'heure de notre sortie quotidienne. Je me lève de mon lit en entendant les matons nous crier de nous mettre en ligne devant la porte de nos cellules qui viennent de s'ouvrir. On descend alors dans le calme, je me dirige dans un coin de la cour où je suis isolé, je me laisse tomber contre le grillage et me laisse glisser pour m'assoir. Je suis tranquille, les autres prisonniers on peur de moi, dès le premier jour où je suis arrivé les autres ont voulu me tester pour voir si j'étais du genre à me laisser faire. Je les ai vite montré le contraire et depuis il me laisse tranquille. En regardant autours de moi, j'aperçois que le groupe des latinos est en train d'embêter Benjamin, ils le poussent et l'insultent, c'est normale quand on est le bleu, mais maintenant il est plus le bleu, on le teste que les 2-3 premiers jours, maintenant ça fait une semaine qu'il est là. Je me redresse et me dirige vers eux, ils s'arrêtent automatiquement en me remarquant et se recoule de quelques pas.

« -Pourquoi vous partez ? Vous avez peur de moi ? Pourtant ce n'est pas moi qui tape les bleus pour imposer ma domination !

-Mais non on a rien fait ! On plaisantait ! N'est ce pas le bleu ?!

-Ta gueule Enrico et barre toi ! »

Le groupe s'éloigne sans rien ajouter de plus. Je m'approche donc de Benjamin et lui tend la main. Il l'attrape sans hésiter, il se relève en me remerciant de lui avoir porté secours, il me jette un sourire qui me fait craquer. On reste ensemble jusqu'à la fin de la sortie mais sans un mot.

Une foi arrivé dans la cellule, Benjamin ouvre la bouche.

« -Pourquoi tu m'as aidé tout a l'heure ?

-Pourquoi tu m'demande ça ? T'aurais préféré que je les laisse te frapper sans réagir ?

-No...NON pas du tout !! Mais ça fait une semaine que je suis arrivé et tu m'adresse jamais la parole alors je me demandai pourquoi m'aider ?

-Bah... J'aurai su que t'allais me prendre autant la tête avec ça, je t'aurai laissé te faire frapper !! Maintenant sujet clos !! Lâche-moi !! Je ne suis pas ton ami !! »

Je retourne vers mon lit en le contournant mais au moment de passer près de lui je sens ses doigts autours de mon poignet. Je me stoppe immédiatement et le regarde d'un air interrogatif. Il le remarque et me lâche aussitôt en bafouillant des choses incompréhensibles. Ca ressemble plus à des bruits qu'a des mots ou autres choses. Je le regarde encore plus étonné en ouvrant grand mes yeux verts, et lui lance d'un ton glacial.

« -Je comprends mieux maintenant pourquoi au bout d'une semaine t'es toujours celui qu'on maltraite si tu ne te défends pas et que tu bafouille ! Tu ne devais pas faire peur à grand monde dans ton milieu !! Ce n'était surement pas toi le caïd de la drogue dans les rues !! »

Il me dévisage puis se tourne pour fuir mon regard avant de m'avouer avec une voix presque inaudible.

« -Je me suis... Défendu...

-Tu leur a dis quoi ?? Ne me tapaient pas ou je bafouille ?? »

Il me fait de nouveau face en me lançant un regard aussi noir que ses yeux.

« -Tu ne sais même pas ce qu'il s'est passé ! Et pourquoi ils étaient en train de me frapper ! Même eux me connaissent mieux que toi ! Alors que je vis dans la même cellule que TOI !

-Qu'est ce que tu veux dire pas là ? Tu me reproche de ne pas apprendre à te connaitre ?? Le premier jour ce n'est pas toi qui m'as dis « laisse-moi tranquille ! », ça tombait bien je voulais aussi être tranquille ! Je n'ai pas demandé d'avoir un compagnon de cellule !!

-Je t'aurai dis saute moi dessus tu l'aurais fais ?? »

Je le regarde les yeux grands ouvert. Vient-il de me faire une proposition et d'avouer ce qu'il pense quand il me fixe lorsqu'il pense que je ne le vois pas ?

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Chapitre 3  posté le dimanche 29 avril 2007 00:41

Depuis la dernière « discussion » étrange que nous avons eu, on n'a pas remit ce sujet sur la table, mais je me demande ce qu'il a voulut dire par « ils me connaissent mieux que toi » et surtout par sa dernière phrase « si je t'aurai dis saute moi dessus tu l'aurais fais ». Après cette phrase j'ai prétendu que j'étais fatigué et que j'avais besoin de dormir, a mon avis il a compris que je ne voulais pas répondre, ne sachant moi-même la réponse... Depuis on parle plus qu'avant, il reste avec moi pendant les sorties quotidiennes pour éviter toutes tentatives d'agressions par le groupe des latinos ou les autres. On chuchote derrière son dos, je ne sais pas ce qu'ils ont appris sur lui mais ça les travaillent. En début de sortie, il était tous seul dans la cour alors que je trainais encore dans les couloirs. Il était déjà pris entre les insultes de la bande des afros, lorsque je me suis approché je les ai entendues... Le traiter de... Tapette...  Qu'est ce qu'ils ont voulut dire par là ? Sa phrase ! Elle me revient dans la tête comme un refrain. Ce pourrait-il que mon compagnon de cellule soit homo ? Et qu'en plus je lui plaise, d'où ses longues heures d'observation quand il pense que je le vois pas ? Toutes ces questions se bousculent dans ma tête... Je m'approche pas du groupe, je fais demi-tour et vais m'installer dans « mon » coin. Je ne l'ai pas défendu, je me suis assis en regardant leur stupide « jeu ». Benjamin me jette des regards triste et désespéré à la foi, il attend une chose, que je me lève et que j'aille le défendre... Et pourtant je ne le fais pas... Pas par peur de cette bande, c'est eux qui me craignent... Mais par peur que mes hypothèses soient vraies... S'il était vraiment attiré par moi ? Qu'est ce que je vais faire ??

On rentre de notre cellule, les résultats de ces attaques : il boite en marchant, mais il à l'air d'avoir mal aussi au niveau des cotes, des bleus apparaissent déjà sur sa peau blanche.

Je regrette déjà de ne pas l'avoir aidé...

« -Benji... Je... »

Il ne me laisse même pas finir ma phrase, il me coupe en me lançant un regard que je n'arrive pas exactement à traduire entre la tristesse et la colère.

« -NON ! C'est bon ne dis rien ! J'ai compris...Je ne suis pas si stupide... Tu voulais m'aider avant d'entendre de quoi ils me traitent tout... Je t'ai vu te figer sur place pour les écouter... Tu sais toi aussi maintenant... Tu va pouvoir me faire subir la même chose qu'eux maintenant...

-Oui... C'est vrai j'ai entendu... Et c'est vrai ? Tu es vraiment gay ?

-Ah ! Tu dis gay toi ? Je pensai que tu allais aussi me traiter de tapette...

-C'est pas parce que je suis froid et distant que je suis... con ! Chacun est attiré par qui il veut...

-Je ne pensai pas que tu étais aussi ouvert d'esprit ! »

En prononçant cette phrase il s'approche de moi, suffisamment pour que je sente sa respiration chaude se perdre sur la peau de mon cou. Il approche ses lèvres des miennes, en les touchant il ferme les yeux, je fais de même. Je suis en manque ! Je n'avais pas embrassé quelqu'un depuis que je suis arrivé en prison. Ses lèvres sont si douces... J'ai envie d'approfondir se baiser, de jouer avec sa langue... J'entrouvre ma bouche pour qu'il puisse s'y introduire. Il comprend immédiatement et s'invite dans ma bouche. Il caresse ma langue de la sienne... Il embrasse si bien... Je passe mes bras autours de sa taille afin de l'attirer a moi, je me colle a lui, je sens déjà son sexe durcit contre le mien. Ce contact m'excite d'avantage. Après un long moment il rompt ce baiser intense pour revenir à des baisers innocent, entre chaque baiser il me parle.

« -Aaron...J'ai envie de toi !

-Moi... Aussi...

-Depuis le premier jour... Que je t'ai vu... J'ai eu envie...

-... »

Il stoppe tous baisers et se décolle légèrement de moi afin de me regarder dans les yeux.

« -Ce qui est pas ton cas apparemment... Toi tu m'as plus au premier regard... Je t'aime ! »

Je me dégage de ses bras par un mouvement brusque. Il me regarde sans trop comprendre.

« -Désolé... Benji...Je ne suis pas gay. C'est pas parce que je ne suis pas contre l'homosexualité que j'en suis un... »

En fait je lui mens... Je suis bien gay... Mais je ne veux pas lui avouer, pas en prison... J'ai vu ce qu'il m'attendait si les autres l'apprenaient... Je préfère lui mentir...

« -Mais... Alors pourquoi tu viens de m'embrasser ?

-Ca fait trois ans que je suis là... Je suis surement en manque... Tu es beau garçon malgré tout... Je ne veux pas que tu ressentes des sentiments pour moi. Je ne tomberai pas amoureux de toi. Je ne suis pas gay ! Et surtout regardes où nous sommes ! On est en PRISON !! On ne tombe pas amoureux en prison !! Tu vois ce que tu endure quand je ne suis pas avec toi... Alors imagine une seconde s'ils s'imaginent que je suis aussi gay ! Je pourrai même plus te défendre ! Et si je ne peux pas te faire plaisir par amour... Je veux t'en donner en amitié et te protéger face aux autres...

-Mais écoute-toi ! On dirait que tu es gay ou que tu as pitié de moi ! »

Je le regarde plus. Je tourne mon regard pour fuir son regard qui insiste sur moi.

« -Laquelle des deux affirmations est vraies ?

-AUCUNE !! Enfin... je ne sais pas... Tu es un mec vraiment pas mal mais ça me fais pitié de te voir dans l'état qu'ils t'ont mis...

-Ca veut dire que les deux sont vraies ?! Si on n'était pas ici tu t'enterais ta chance avec moi ?

-Oui... Surement... Mis ici NON ! Et les autres ne doivent jamais apprendre que je suis aussi gay ! D'ACCORD ? »

Il me sourit et pose ses lèvres sur les miennes, je ne le repousse pas, j'en ai pas le courage. Il passe ses doigts dans mes cheveux bruns puis descend sur mon cou...

C'est à ce moment là qu'on entend des bruits de pas dans le couloir. Je m'éloigne rapidement de lui et je vais m'allonger sur mon lit. Il fait de même. On ne reparlera pas ce soir là...

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Chapitre 4  posté le dimanche 29 avril 2007 01:02

Ca fait un mois que je suis avec Benjamin, il me reste 17 mois avant que je sorte. Il n'y a pas eu de changement...

Je suis allongé sur mon lit, comme a mon habitude. Benjamin regarde les autres cellules et remarque qu'une cellule est cachée par des draps. Il me questionne sur l'utilité de cet acte. Je me moque gentiment et lui explique.

« -Tu sais ça fait longtemps qu'ils sont là, il sont juste... En... Manque...

-Mais les autres ne se moquent pas d'eux ? Pourtant ils sont homo, tout comme nous !

-Non, il comble juste un manque, ils ne s'aiment pas...

-Ba alors nous aussi on peut le faire ! On dit que tu comble ton manque et moi... Ils savent déjà que je suis pd...

-Non c'est une mauvaise idée !

-Pourquoi ?

-Parce que... Si on fait ça, ils vont moins me craindre... Et j'aime l'idée d'être le caïd ! Et surtout parce que celui que se fait prendre devient le faible et donc celui qui se fait encore plus maltraité... Et je ne veux pas que ça t'arrive, tu es déjà pas l'idole de la prison !

-Tu es jamais en manque ?

-A ton avis ? Je ne suis qu'un homme comme tous ici !

-Comment tu fais ? »

Je lève ma main droite pour toute réponse et fais un sourire plus qu'évoquant.

« -Et où ?

-Ici quand tu dors, pendant la nuit...

-Quoi ?? Tu fais ça ici, alors que je dors juste au dessus de toi ! Tu n'a pas peur de me réveiller ?!

-Tu as le sommeil lourd apparemment... Et j'adore prendre des risques, c'est encore plus excitant... »

Je regrette déjà ma phrase prononcé sans réfléchir en le voyant se rapprocher de moi à lent pas de prédateur qui va capturer sa proie. Il me sourit et plonge son regard noir dans le mien, un sourire pervers sur les lèvres. Je suis en manque, pas seulement de sexe, j'ai ma main droite pour ça, mais aussi de contact, de chaleur humaine,... Il s'arrête a même pas un mètre de moi et mon répond.

« -Moi je suis plus trouillard... Je n'aime pas le risque. »

Je viens de me prendre un seau d'eau sur la tête ! J'étais prêt a faire n'importe quoi et lui me stop avec une phrase dont j'en ai rien à faire ! Ma température a trop monté, lorsqu'il a approché avec ce regard et ce sourire, il faut faire quelque chose maintenant ou je vais me consumer sur place. A cette pensé les lumières de la prison s'éteignent, comme si quelqu'un m'avais entendu. Je fais le dernier mètre qui nous sépare. Il me regarde sans bouger, toujours avec ce regard insistant. Je me colle a lui, et prend immédiatement le contrôle de ses lèvres, il approfondit en jouant et caressant ma langue et mes lèvres de la sienne. Ces caresses sont trop douces, je ne veux pas d'amour entre nous, juste du cul... Je le pousse sans le ménager contre nos lits. Il gémit de douleur et de surprise lorsque son dos se heurte violemment sur les barres en fer. Mais je n »y prête pas attention, je me déshabille et lui « arrache » ses affaires. Je l'oblige à s'allonger sur le ventre dans mon lit, il essaye de lutter mais il n'a pas assez de force pour m'en empêcher. Je me positionne derrière lui. Je ne prépare rien, je le pénètre directement par un violent coup de rein. Il émet un long et douloureux cri, des larmes coulent sur ses joues. J'entame des mouvements de va et viens alors que lui s'accroche aux draps et les mord pour retenir sa souffrance. J'accélère mes mouvement jusqu'à ma jouissance. Je me déverse en lui et me retire, je m'écroule à coté de lui. Benjamin me jette un regard triste et accusateur, dans lequel je peux lire toute son incompréhension face à mon acte. Il se relève difficilement et monte directement se coucher sans me dire un mot, mais j'entends déjà des pleures étouffé qu'il essaye de retenir sans réussite. Je regrette déjà mon acte, je voulais couché avec lui, et lui avec moi, on aurait pu faire quelque chose de doux et de bien, et moi j'ai joué au con, je l'ai fait souffrir en me soulageant de façon bestiale, je me dégoute.

« -Benji ?

- Laisse-moi ! Ne m'appel pas ! Ne prononce même plus mon prénom et encore moins mon surnom !

-Je... Je suis...

-Tu es quoi ? Désolé ? Arrête !! Tu avais qu'à y penser avant ! C'est facile de dire que tu regrette après avoir fait l'erreur ! »

Qu'est ce que je peux répondre à ça ? Il a raison, j'ai joué au con... Cette nuit là je ne sais pas si on a vraiment réussi à s'endormir en tout cas moi non, j'ai réfléchi toute la nuit, mais on n'a pas reparlé une seule foi.

Dans la matinée, après notre sortie quotidienne du matin Benjamin est allé tout droit prendre ses effet personnel, il les rassemble sur son lit, sous mon regard interrogateur qu'il fait semblant de ne pas voir, face a ce silence je me lance.

« -Qu'est ce que tu fais ?

-Je m'envoie en l'air, ça ne se voit pas ?

-Très drôle... Pourquoi tu range tes affaires ?

-Je change de cellule...

-QUOI ???

-Tu m'as très bien entendu ! Je sais bien qu'il parait que se branler ça rend sourd, moi toi tu ne l'es pas !

-Pour... Pourquoi ?

-Hier...

-Je... Je t'ai dit que j'étais désolé... Que je ne voulais pas ! Qu'est ce que je peux faire de plus ?

-Rien... C'est trop tard! Je pars dès qu'un garde vient me chercher. Je vais avec Pedro, cellule 88.

-Mais... Mais il fait parti du groupe des latinos qui te maltraite !

-Oué... Peut être...Mais lui il me sautera pas en me faisant du mal, vu qu'il me touchera pas. »

Il monte sur son lit et s'allonge sur le dos. Je m'approche et tend ma main vers sa joue pour la caresser. Il se tourne instinctivement dos à moi. Je referme ma main dans le vide et me décide à m'allonger moi aussi sur mon lit.

La journée passe vite, le gardien est venu le chercher juste après mangé. Il a demandé son transfert pendant la ballade du matin à un gardien en lui expliquant sa raison pour déménager, le gardien a de suite accepté.

C'est la sortie de l'après midi je me dirige immédiatement vers lui pour essayer de le faire revenir, peine perdu puisqu'il me jette, je le laisse donc. Les autres détenus ont appris l'épisode d'hier puisqu'il l'emmerde encore plus qu'avant. A chaque coup qu'il reçoit, je reçois comme un coup de poignard dans le cœur, tout ça c'est de ma faute... C'est Pedro qui lui vient en aide en le défendant. Je ne peux rien faire pour l'empêcher de le suivre et d'aller se mettre à l'abri dans le clan des latinos.

Une fois la ballade terminé, je rentre dans ma cellule et me laisse m'effondrer sur le sol les larmes aux yeux.

Charlotte je savais tu allais aimer te connaissant! lol Je l'ai écrit rien que pour toi! lol

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Chapitre 5  posté le samedi 05 mai 2007 14:42

Ca fait un mois que je suis de nouveau seul dans ma cellule, il me reste 16 mois avant que je sorte de prison.

Tous les jours j'essaye de me rapprocher de lui pendant les sorties, mais il m'évite et me fuit en restant dans le groupe de son nouveau compagnon de cellule, Pedro, je le regarde de loin, le cœur séré, remplit de rancunes envers moi-même d'avoir brisé notre cohabitation et notre amitié qui s'installait peu à peu. Il n'est plus le souffre douleur de toute la prison, seulement celui de Pedro, des rumeurs circulent comme quoi les deux nouveaux compagnons de cellule sont ensemble... Mais vu comment il le traite devant tout le monde, si c'est le cas, je le plains... Il est assit au milieu de la bande, pourtant il semble ailleurs, son regard se perd dans le vide, il fixe un point imaginaire a l'horizon. Pedro l'ignore totalement. Je suis trop loin pour entendre ce qu'ils disent, mais leurs regards moqueurs se posent sur Benjamin. Je ne tiens plus, je serre mes poings de rage face à leurs comportements et me dirige rapidement vers eux. Je tape sur l'épaule de Pedro, il se retourne à peine pour voir qui l'appel qu'il est accueillit par mon poing sur sa figure. Les autres réagissent et se lèvent pour me faire face, mais ils sont dépassé par Benjamin qui se place devant moi.

« -Qu'est ce qui te prend ? T'es fou ou quoi ?

-Je te défends ! Ils se moquent tous de toi Benji !

-Et alors en quoi ça te regarde ? Ils se moquent mais me blessent pas... EUX ! Et puis d'abord je t'ai dit de ne pas m'appeler par mon surnom !

-Je me suis déjà assez excusé pour cette nuit là ! Je ne voulais pas ! Et viens on va parler en privé. Ils ne sont pas obligés de tout connaitre. »

Je le tire par le bras, sans qu'il puisse réagir, je suis trop fort face a lui, je l'entraine dans un coin plus tranquille de la cour, c'est-à-dire mon territoire et le pousse contre le grillage je l'encercle de mes bras en posant mes mains de par et d'autre de sa tête.

« -Arrête de m'en vouloir ! Je t'ai dit que je ne voulais pas te blesser, j'étais en manque je savais plus ce que je faisais. Ca faisait 3 ans que je ne l'avais pas fait avec quelqu'un. Tu me comprendras dans 3 ans !

-Non ! Je ne te comprendrai jamais, pas ça ! Je n'oublierai jamais cette nuit où tu m'as blessé ! ca serait trop facile si tu t'en sortais comme ça ! » 

J'ai envie de l'embrasse pour lui prouver que je ne voulais pas lui faire de mal, que je ressens quelque chose aussi pour lui.  Mais je ne peux pas, on est dans la cour, tous les détenus et les gardes peuvent nous voir. Je me rapproche quand même de lui, il me regarde paniqué et essaye de reculer mais il est bloqué par le grillage. Je descends ma moi droite et caresse discrètement sa main du bout des doigts afin que personne ne puisse voir ce geste. Je le caresse par des mouvements de va et vient sur le dos de sa main. Ces simples caresses ont un effet fou aussi bien sur lui que sur moi, il a fermé ses yeux et sa respiration se fait plus difficile. Quant à moi je sens une bosse se former dans mon pantalon. Je me rapproche encore un peu plus de lui et lui chuchote a l'oreille.

« -S'il te plait... Reviens... Reviens avec moi ! Reviens vivre avec moi dans notre cellule...

-Je... Moi... aussi je veux... Revenir avec toi... Mais tu crois que les gardiens vont accepter de me changer de cellule encore... Tous les mois...

-Ils me doivent bien ça avec tous ce que j'ai fait pour eux... Je suis un détenu idéal qui sort dans 17 mois pour bonne conduite ! »

A cette annonce son visage s'assombrit, j'intensifie mes caresses en prenant sa main dans la mienne. Il reprend  une expression qui se veut rassurante en relevant ses yeux dans les miens et en adoptant un sourire.

On a passé le reste de la sortie ensemble, on s'est assit a une distance raisonnable entre deux détenus, a notre grand regrets et on a parlé. Pour la première foi depuis bien longtemps j'ai tenu une conversation avec quelqu'un ! Ca me semblait devenu impossible, de pouvoir me confier ou même parler à une personne et encore moins à un « étranger » rencontré il y a à peine deux mois, dont un mois séparé.

Une foi la sortie terminée, on a dût se séparer, on est retournés dans nos cellules respectives. Benjamin doit demander son transfert au « boss », c'est le chef des matons, c'est a lui qu'il a demandé la première foi, il lui a accepté sa requête la première foi même s'il avait de meilleurs raisons que maintenant j'espère qu'il sera encore d'accord cette foi ci.

Le lendemain on se retrouve dans la cour, il m'annonce que le boss refuse sa demande. Je me suis fâché et j'ai été le voir, histoire de le « menacer » un peu en lui rappelant que je peut être un détenu un peu moins cool, et que je peux arrêter notre arrangement s'il ne cède pas a notre requête. Notre arrangement ce n'est pas grand-chose, juste faire taire les révolutions qui s'organisent dans la prison, vu que je suis le caïd mon aide lui est précieuse s'il ne veut pas faire face a des débordements... Ces menaces ont l'air d'être efficaces puisqu'il me promet de faire de son mieux pour changer Benjamin de cellule et ça le plus rapidement possible.

Je compte patiemment les jours qui nous sépare encore, il a pris place dans mes pensées et veut plus s'en aller. En attendant on passe tout notre temps ensemble dès que possible, sous le regard  agacé de Pedro.

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