Je suis allongé sur mon lit, comme a mon habitude. Benjamin regarde les autres cellules et remarque qu'une cellule est cachée par des draps. Il me questionne sur l'utilité de cet acte. Je me moque gentiment et lui explique.
« -Tu sais ça fait longtemps qu'ils sont là, il sont juste... En... Manque...
-Mais les autres ne se moquent pas d'eux ? Pourtant ils sont homo, tout comme nous !
-Non, il comble juste un manque, ils ne s'aiment pas...
-Ba alors nous aussi on peut le faire ! On dit que tu comble ton manque et moi... Ils savent déjà que je suis pd...
-Non c'est une mauvaise idée !
-Pourquoi ?
-Parce que... Si on fait ça, ils vont moins me craindre... Et j'aime l'idée d'être le caïd ! Et surtout parce que celui que se fait prendre devient le faible et donc celui qui se fait encore plus maltraité... Et je ne veux pas que ça t'arrive, tu es déjà pas l'idole de la prison !
-Tu es jamais en manque ?
-A ton avis ? Je ne suis qu'un homme comme tous ici !
-Comment tu fais ? »
Je lève ma main droite pour toute réponse et fais un sourire plus qu'évoquant.
« -Et où ?
-Ici quand tu dors, pendant la nuit...
-Quoi ?? Tu fais ça ici, alors que je dors juste au dessus de toi ! Tu n'a pas peur de me réveiller ?!
-Tu as le sommeil lourd apparemment... Et j'adore prendre des risques, c'est encore plus excitant... »
Je regrette déjà ma phrase prononcé sans réfléchir en le voyant se rapprocher de moi à lent pas de prédateur qui va capturer sa proie. Il me sourit et plonge son regard noir dans le mien, un sourire pervers sur les lèvres. Je suis en manque, pas seulement de sexe, j'ai ma main droite pour ça, mais aussi de contact, de chaleur humaine,... Il s'arrête a même pas un mètre de moi et mon répond.
« -Moi je suis plus trouillard... Je n'aime pas le risque. »
Je viens de me prendre un seau d'eau sur la tête ! J'étais prêt a faire n'importe quoi et lui me stop avec une phrase dont j'en ai rien à faire ! Ma température a trop monté, lorsqu'il a approché avec ce regard et ce sourire, il faut faire quelque chose maintenant ou je vais me consumer sur place. A cette pensé les lumières de la prison s'éteignent, comme si quelqu'un m'avais entendu. Je fais le dernier mètre qui nous sépare. Il me regarde sans bouger, toujours avec ce regard insistant. Je me colle a lui, et prend immédiatement le contrôle de ses lèvres, il approfondit en jouant et caressant ma langue et mes lèvres de la sienne. Ces caresses sont trop douces, je ne veux pas d'amour entre nous, juste du cul... Je le pousse sans le ménager contre nos lits. Il gémit de douleur et de surprise lorsque son dos se heurte violemment sur les barres en fer. Mais je n »y prête pas attention, je me déshabille et lui « arrache » ses affaires. Je l'oblige à s'allonger sur le ventre dans mon lit, il essaye de lutter mais il n'a pas assez de force pour m'en empêcher. Je me positionne derrière lui. Je ne prépare rien, je le pénètre directement par un violent coup de rein. Il émet un long et douloureux cri, des larmes coulent sur ses joues. J'entame des mouvements de va et viens alors que lui s'accroche aux draps et les mord pour retenir sa souffrance. J'accélère mes mouvement jusqu'à ma jouissance. Je me déverse en lui et me retire, je m'écroule à coté de lui. Benjamin me jette un regard triste et accusateur, dans lequel je peux lire toute son incompréhension face à mon acte. Il se relève difficilement et monte directement se coucher sans me dire un mot, mais j'entends déjà des pleures étouffé qu'il essaye de retenir sans réussite. Je regrette déjà mon acte, je voulais couché avec lui, et lui avec moi, on aurait pu faire quelque chose de doux et de bien, et moi j'ai joué au con, je l'ai fait souffrir en me soulageant de façon bestiale, je me dégoute.
« -Benji ?
- Laisse-moi ! Ne m'appel pas ! Ne prononce même plus mon prénom et encore moins mon surnom !
-Je... Je suis...
-Tu es quoi ? Désolé ? Arrête !! Tu avais qu'à y penser avant ! C'est facile de dire que tu regrette après avoir fait l'erreur ! »
Qu'est ce que je peux répondre à ça ? Il a raison, j'ai joué au con... Cette nuit là je ne sais pas si on a vraiment réussi à s'endormir en tout cas moi non, j'ai réfléchi toute la nuit, mais on n'a pas reparlé une seule foi.
Dans la matinée, après notre sortie quotidienne du matin Benjamin est allé tout droit prendre ses effet personnel, il les rassemble sur son lit, sous mon regard interrogateur qu'il fait semblant de ne pas voir, face a ce silence je me lance.
« -Qu'est ce que tu fais ?
-Je m'envoie en l'air, ça ne se voit pas ?
-Très drôle... Pourquoi tu range tes affaires ?
-Je change de cellule...
-QUOI ???
-Tu m'as très bien entendu ! Je sais bien qu'il parait que se branler ça rend sourd, moi toi tu ne l'es pas !
-Pour... Pourquoi ?
-Hier...
-Je... Je t'ai dit que j'étais désolé... Que je ne voulais pas ! Qu'est ce que je peux faire de plus ?
-Rien... C'est trop tard! Je pars dès qu'un garde vient me chercher. Je vais avec Pedro, cellule 88.
-Mais... Mais il fait parti du groupe des latinos qui te maltraite !
-Oué... Peut être...Mais lui il me sautera pas en me faisant du mal, vu qu'il me touchera pas. »
Il monte sur son lit et s'allonge sur le dos. Je m'approche et tend ma main vers sa joue pour la caresser. Il se tourne instinctivement dos à moi. Je referme ma main dans le vide et me décide à m'allonger moi aussi sur mon lit.
La journée passe vite, le gardien est venu le chercher juste après mangé. Il a demandé son transfert pendant la ballade du matin à un gardien en lui expliquant sa raison pour déménager, le gardien a de suite accepté.
C'est la sortie de l'après midi je me dirige immédiatement vers lui pour essayer de le faire revenir, peine perdu puisqu'il me jette, je le laisse donc. Les autres détenus ont appris l'épisode d'hier puisqu'il l'emmerde encore plus qu'avant. A chaque coup qu'il reçoit, je reçois comme un coup de poignard dans le cœur, tout ça c'est de ma faute... C'est Pedro qui lui vient en aide en le défendant. Je ne peux rien faire pour l'empêcher de le suivre et d'aller se mettre à l'abri dans le clan des latinos.
Une fois la ballade terminé, je rentre dans ma cellule et me laisse m'effondrer sur le sol les larmes aux yeux.
Charlotte je savais tu allais aimer te connaissant! lol Je l'ai écrit rien que pour toi! lol



